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Les origines infantiles des hunting  painting de Niki de Saint Phalle

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Les origines infantiles des hunting  painting de Niki de Saint Phalle
Petits suppléments à la nouvelle violence


« Je me mis à faire passer ma violence dans mon œuvre »
Lettre de Niki de saint Phalle à Jean Tinguely


Quel meilleur chemin emprunté pour comprendre la nouvelle violence que celui de la biographie de Niki de Saint Phalle ?


Au début des années soixante, Niki de saint Phalle qui vient d’avoir trente ans, réalise des tableaux d’une nouvelle manière. Elle tire au fusil sur une toile préalablement incrustée de poches de peintures recouvertes par une couche de plâtre.


Après chaque tir, les poches explosent la peinture coule, les couleurs se répandent.
Selon les témoins tout cela se faisait dans une certaine frénésie non dénuée de sensualité.
Niki de Saint Phalle, issue d’une famille honorablement connue, est élevée dans les meilleures institutions religieuses.


Cependant cette bonne éducation se révèle n’être que du semblant : en effet, elle écrit dans un livre intitulé MON SECRET, avoir subi l’inceste paternel dans cet environnement : « L’été des serpents fut celui où mon père, ce banquier (archi catholique), cet aristocrate avait mis son sexe dans ma bouche ».


Elle en hérita comme symptôme « l’habitude de ronger sa lèvre supérieure ».
Cela l’emmène à la fin de son adolescence à l’hôpital psychiatrique où lui sont administrés douze électrochocs, sans qu’elle ne soit ni écoutée, ni entendue.


Bouleversé par son internement, son père, pris de remords, lui écrit une lettre confession. La réaction du psychiatre fut déconcertante ; il brûla la lettre en disant : « Votre père est fou. Rien ne s’est passé. Il invente. La chose est impossible. Un homme de son milieu et de son éducation religieuse ne fait pas ça »

.
Elle devient artiste car elle n’a plus le choix écrit-elle à trente ans, ceci dans un environnement historique violent (guerre d’Algérie, guerre froide).
Elle met en œuvre des tableaux-cibles dans un mouvement de destruction où sadisme et masochisme alternent autour de l’œuvre en train de s’accomplir : elle fait mourir le tableau en faisant saigner le sujet.


Elle souhaite se débarrasser de son amant ? Elle lui demande chemise et autres habits et le colle sur du bois. Ça devient « Portait of my lover » où elle prend plaisir à lancer des fléchettes sur ce collage. Peu à peu, elle s’en détache, thérapie réussie !
Elle dira plus tard, qu’au-delà de ses amants,  il  s’agissait aussi de son père.


Comment la violence fonde-elle une œuvre d’art ? Qu’est-ce qui peut amener ce dégagement ? En quoi l’art dérive-t-il la violence ? Comment permettre que l’énergie pulsionnelle destructrice puisse se mettre au service de l’investissement culturel et artistique ?
Ce sont quelques questions dont, peut-être, il est urgent de trouver quelques réponses.
G. Schopp           (février 2011)

 

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