Les Billets de G.Schopp

Exposé FIV et PMA 2

04 06 2014 - Georges Schopp

Lire l’article

Un nouveau grand renfermement

23 05 2011 - Georges Schopp

Lire l’article

Vos remarques sur les billets par mail

auquels nous vous répondrons.

cliniquepsy@hotmail.fr

DITS-GRESSIONS à partir de Toxicomanie féminine
free template

 

DITS-GRESSIONS   A  PARTIR DE TOXICOMANIE FEMININE  D’O. THOMAS (ères , 2006)
06/07/2011

 

 


Ce livre qu’un ami vient de me faire découvrir   rend compte de la clinique telle que je la définis  dans le Dictionnaire d’action sociale : une dialectique permanente entre une pratique ,  une  réflexion sur celle ci et une analyse de son implication donc loin du pragmatisme et du théorisme.
Les cas cliniques sont ciselés et  révèlent   les  trames   dans  lesquelles   est  pris le sujet.
J’évoque  des digressions (un éloignement mais qui n’est qu’apparent) car si le champs d’exercice  d’O.THOMAS  se déploie  en  toxicomanie   ,  le mien c’est plutôt celui de l’alcoolisme , de la boulimie et de l’anorexie. Mais un bon  livre ne fait –il pas écho pour chacun quelle que soit son expérience ?
Il évoque les impasses de  son début de carrière où tout le monde est écouté comme « un névrosé ». La toxicomanie est « déconcertante», elle n’est pas un symptôme  mais se présente « comme une solution ».
C’est  l’idée qui m’était apparue  aussi  après l’écoute des patients alcooliques.
Quand j’ai commencé ma pratique  régnait encore «  les cures de dégout » .On demandait à nos chers intempérants d’amener leurs  breuvages  favoris  qu’ils buvaient  après avoir ingurgité des cachets d’espérals ce qui  les faisaient vomir violemment dans une salle carrelée de blanc où on les laissait  macérer  toute la matinée « pour leur apprendre à vivre ».(j’ai retrouvé le même dispositif dans un voyage d’étude au Canada en 1982 : Ah ! cher Canada toujours notre modèle !!!)
Certains médecins avaient déjà le goût du comportementalisme !
Puis est venu la théorie de l’abstinence médicale (pratique de privation qui s’est répandue  dans tous les  services) et qui  s’est  révélée …une solution …finale individuelle : on  en a retrouvé plusieurs ... pendus  guéris, conséquence  de la  réduction de l’humain à  l ‘ordre physiologique  et  de la mise à l’écart de la dimension psychique.
La médecine depuis  sa  rupture  anatomo-clinique (« pour comprendre la maladie il faut la déshumaniser ») est efficace et Foucault lui-même reconnaissait sa scientificité.
Elle l’est quand elle s’applique à son objet,   soigner  l’organe. Elle ne l’est  plus  dés qu’il s’agit d’autre chose notamment quand  elle est confrontée  à l’homme  souffrant   ,  dés qu’il s’agit de conduites  ou de manifestations subjectives.
Elle soigne donc en même temps qu’elle impose une méthode qui dans son essence même exclut cette part de l’être qui concerne le sujet humain parlant. L’exemple le plus criant  reste celui du sort réservé aux douloureux il y a seulement  quinze ans. (  Nous publierons nos  articles prochainement sur ce site).
O.Thomas  développe  le chemin de Freud  jusqu’au tournant de  1897, l’abandon de la théorie du trauma. Il y revient après le constat clinique suivant : toutes  se patientes  toxicomanes évoquent  à un moment ou à un  autre , un abus sexuel.
Il  relit le travail  de   Laplanche  et rappelle les trois temps de la séduction (la séduction originaire, la séduction  précoce et la séduction par un adulte pervers) qui constituent  la théorie de la séduction généralisée.
La clinique favorise le dépassement du clivage entre théorie du trauma et  théorie du fantasme. La culpabilité  de l’enfant  et de l’adolescent  plus tard , nait  de l’idée que ses fantasmes œdipiens sont la cause des séductions de l’adulte. Cela advient toujours  dans le déroulement de la psychothérapie et c’est bien ce qu’il faut « dénouer ».
O. Thomas  avance ses hypothèses ; la prise de drogue à deux fonctions :
Celle de venir apaiser la douleur psychique provoquée par le traumatisme ;
Celle de se soustraire  au souvenir du traumatisme
O.Thomas  évoque la question de la passion à juste titre  comme fil rouge de ce qui se joue dans le transfert.
Un de ceux qui en  a le mieux parlé c’est Vauvenargues, moraliste du 18ieme siècle, et d’une façon très moderne : « la passion roule sur le plaisir et la douleur » ; « tous les sentiments que le désir allume, sont mêlés d’amour et de haine ».
Comme le révèle notre clinique,  les pratiques  addictives  sont  mises en œuvre « sans plaisirs ». (on ne peut parler de plaisir de bouche  pour  la boulimique par exemple  qui évoque plutôt  le fonctionnement d’un tube)  .
Ne peut –on pas  évoquer   le concept de jouissance (Lacan) qui articule  les répétitions    mortifères   ,  la douleur, les fixations prégénitales et la passion incestueuse ?
Je dois dire qu’en ce qui me concerne  c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu ce livre.

.

Archives 2011