Une pratique interdisciplinaire autour de la douleur...
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Le point de vue du psychoclinicien sur la douleuret le meilleur moyen d'en comprendre le sens
Georges Schopp

 

            Si les aspects socioculturels liés au religieux (1) sont souvent évoqués pour expliquer les retards du traitement de la douleur en France, la question se pose de ce qui, dans le champ médical, y résiste (2). Il se pourrait que ce soit ce qui a permis à la médecine son extraordinaire efficacité,  nommément son accrochage au discours de la science, qui en soit la cause. (LERICHE : « pour comprendre la maladie il faut la déshumaniser »). Car dans le champ de la douleur on ne peut pas se passer de l’écoute de l’énonciation de la douleur pour un malade.

Du coup, la pratique de la douleur peut-elle se réduire au couple réglette/protocoles préétablis ?
Peut-on traiter la douleur conformément à la méthode médicale, c’est-à-dire fermée à son processus de subjection ?
Au-delà de la récolte des signes d’une maladie, n’existe-t-il pas une maladie qui parle ?
La douleur ne rend-elle pas incontournable le fait que nous ayons affaire à une demande qui doit être entendue et analysée ?

                Un exemple clinique peut venir ici illustrer ces questions :
Si face à une jeune fille qui évoque « un mal de ventre » nous répondons directement par sa mesure et un traitement chimique nous pouvons passer à côté, non seulement d’une souffrance autre mais plus particulièrement d’un abus sexuel : c’est en effet le signe que mettent en avant les enfants pour nous alerter des violences qu’ils subissent.
Comment donc penser à une technique interdisciplinaire c’est-à-dire qui articule des professions et des savoirs hétérogènes ? (3)
La nomination d’une douleur physique peut cacher une souffrance psychique (et ceux qui ont déjà travaillé dans cette perspective sont toujours surpris de ce qu’ils peuvent entendre). Une maladie grave peut produire une souffrance psychique qui elle aussi doit être prise en compte. (Quand on reçoit des personnes colosthomisés, on sait de quoi on parle).

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