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Psychologie, Médecine, Psychanalyse

Evolution psychiatrique – G.Schopp mars 1986

 

 

  1. Introduction

C’est à une courte période qui va de 1910 à 1913, qu’est consacrée cette étude dont le support sera le trajet de Janet entre ces deux bornes. Ces dates caractérisent deux faits qui ne peuvent être dissociés, même si le second est plus connu que le premier.
1910 : le laboratoire de psychologie de Janet est fermé à la Salpêtrière ;
1913 : Janet est le représentant des « anti-psycho-analyses » à Londres.
Par ce double mouvement nous sommes d’emblée confrontés à ce paradoxe, et ce ne sera pas le seul chez Janet, qui le fait devenir les porte-parole de ceux qui le refoulèrent quelques années plus tôt. Ce paradoxe pourrait, en partie, trouver sa compréhension dans une étude approfondie de la personnalité de Janet (je renvoie, pour ceux que cela intéresse, aux livres de Prévost et d’Ellenberger).
Pour ma part, ce qui nous préoccupera ici, c’est en quoi il nous ouvre à cette double articulation :

  1. Celle des sciences psychologiques avec les autres sciences ;
  2. Celle de l’effet de la psychanalyse sur/dans les sciences psychologiques.

Quand nous employons « sciences psychologiques », nous faisons directement référence à un texte de Freud publié en français dans la revue juive en 1925 : « Résistances à la psychanalyse ». Il y indiquait que la psychanalyse (après avoir eu une portée exclusivement thérapeutique) « put enfin prétendre donner des bases nouvelles à notre conception de la vie mentale et, … en conséquence, être d’une application légitime dans le domaine entier des sciences psychologiques » (15 ; 176).
Cette double articulation est de nouveau à l’ordre du jour, car elle ouvre des perspectives d’avenir dont on peut seulement discerner quelques éléments. L’extraordinaire activité (ce qui fut refoulé fait aujourd’hui retour) qui se développe dans les milieux professionnels de la psychologie en est le signe le plus manifeste. Qu’un home, Janet, se trouve au centre de ces multiples articulations, des questions qu’elles posent et des contradictions qu’elles provoquent, c’est ce que nous tenterons de démontrer ici.
Mais évoquer Janet n’est-ce pas déjà susciter méfiance et suspicion, frémissement dans la horde sauvage ? Ces réticences, en tout cas, il ne les a pas volées. En effet, comme le note Freud, « quand la psychanalyse devient en France l’objet de discussion, Janet s’est mal comporté, a montré peu de compétence et s’est servi d’arguments qui n’étaient pas très beaux » (13 ; 40).
La rancune de Freud fut à la hauteur de ce que peut-être il attendait de Janet. En 1937, quand celui-ci se rendit à Vienne, Freud refusa de le recevoir et le fit éconduire par sa servante : c’est que les rôles étaient désormais inversés. Quelques décennies plus tôt, c’est Freud qui se trouvait en position de demande de reconnaissance. N’écrivit-il pas à Fliess en 1883 : « A Paris, notre travail sur l’hystérie a enfin attiré l’attention de Janet » (6 ; 70). Ce n’était pourtant que sous une forme un peu condescendante, puisque Janet écrivait : « Mais le travail le plus important qui soit venu confirmer nos anciennes études est, sans contredit, l’article de MM. Breuer et Freud …. Nous les remercions de leur aimable citation » (23 ; 70).
Freud, jusqu’à la première guerre mondiale, est un lecteur attentif de Janet. Par contre, celui-ci dédaignera pendant vingt ans ce qui peu à peu émergeait à Vienne. On connaît l’évènement qui ébranla Janet au congrès de Londres. Sur les onze références que Janet fait de Freud, huit sont de seconde main. Que ce soit une conduite habituelle n’avait pas échappée à Jung six ans plus tôt : « J’ai parlé à Janet et suis très déçu. Il n’a que des connaissances tout à fait primitives de la démence précoce. Aux choses plus récentes, vous inclus, il ne comprend rien du tout … ces gens ont cinquante ans de retard » (12).
Jung avait donc eu le temps de préparer cette terrible remarque avant la réfutation du contenu du discours de Londres de Janet : « Malheureusement, il arrive souvent que les gens se croient autorisés à juger la psychanalyse, alors qu’ils ne sont même pas capables de lire l’allemand «  (33 ; 83). Après la blessure qu’il subit en 1910, blessure du clinicien, cette remarque en entraînera une seconde, plus terrible encore, puisque c’est le savant, l’autorité, le professeur de renom qui étaient visés.
L’attitude de Freud en cette matière est fort différente. En 1911, alors que depuis quelques années son isolement était terminé et une internationale créée, il cita encore Janet et son livre qu’il venait de publier en 1909 (25). « Nous avons depuis longtemps remarqué que toute névrose a pour conséquence, et donc vraisemblablement pour fin, d’expulser le malade hors de la vie réelle, de le rendre étranger à la réalité. Aussi bien un fait de ce genre ne pouvait-il échapper à l’observation de Pierre Janet : il parlait d’une perte  « de la fonction du réel » comme d’un caractère propre aux névrose … » (11).
Nous percevons donc un Freud attentif aux débats scientifiques qui l’entourent, et particulièrement aux travaux de Janet.
Cela mérite d’être rappelé à un moment où deux phénomènes divergeant se développent : pour les uns, la perpétuation du refoulement de Janet (il est vrai que ses conduites pleines d’ambivalence ne pouvaient conduite qu’à cette situation) ; pour les autres, sa récupération contre la psychanalyse. Ces positions, dois-je le dire, ne me paraissent pas relever d’une éthique scientifique.

  1. 1910 ou l’articulation de la psychologie et de la médecine

1 – Contexte Historico-culturel
C’est à une profonde transformation qu’on assiste tout au long de ce XIXème siècle. Depuis la Révolution, après la période napoléonienne et la Restauration, l’avènement d’une nouvelle structure s’accompagne d’ »une mutation technique et industrielle sans précédent. C’est la période de domination du rationalisme, version positiviste, et du développement des sciences, qui remplacent désormais la religion « en expliquant la réalité, mais aussi en la transformant » (14 ; 166). La philosophie d’Auguste Comte (1798 – 1857) qui prend corps dans son cours de philosophie positive se diffuse et renouvelle la vision du monde. Désormais, « la croyance à l’efficacité morale de la science » (37 ; 119), le culte de l’expérience, de l’administration de la preuve, du constable, tiennent lieu de vérité. Si les découvertes scientifiques sont nombreuses, il se développe simultanément un climat de pessimisme qui, comme l’écrit un auteur de l’époque, « tord les entrailles ». On disserte sur ses cause, et l’académie des Sciences Morales va jusqu’à lancer un appel d’offre de recherche sur les diverses théories moderne de ce pessimisme (4 ; 183).
L’explication la plus simple qui nous vient à l’idée consiste à voir « dans cet antipositivisme la manifestation naturelle d’alternance réactionnelle entre « idéalisme irrationnel et réalisme positif » (4 ; 186).
Il est remarquable qu’aujourd’hui la même structure de mouvement se repère facilement, mais peut-être dans un sens inverse. Après la période d’expérimentation tout azimut, un retour au « classicisme » est souhaité aujourd’hui. Fédida, par exemple l’exprimait clairement pour ce qui concerne la psychanalyse : « Il faut recentrer le décentrement psychanalytique » (18).
2 – Contexte médico-psychiatrique
Durant cette période, « la science sur laquelle les psychiatres espèrent désormais fonder leur discipline est l’anatomie et la psychologie du système nerveux » (32 ; 53). En ce début de siècle, la neurophysiologie occupe une place hégémonique et les cliniciens s’y réfèrent corps et âme (si j’ose dire, bien qu’il n’y ait pas encore de neuropsychologie …).
Ne constatons-nous pas aujourd’hui la répétition de même phénomène quand on lit les comptes rendus du récent congrès mondial de psychiatrie où, selon certains commentaires, la psychanalyse occupa plus que jamais la place de « bonne-à-tout-faire » (27 ; 342).
Quatre-vingt ans plus après, ce sont les neurosciences qui jouent le même rôle. Et l’on peut s’interroger si cette répétition ne cache pas un malaise profond du savoir, de l’approche clinique des pratiques. Face aux affirmations péremptoires, dominatrices et sans nuances de J.P Changeux lors du dernier colloque de l’INSERM fêtant ses vingt ans d’existence, comment ne pas rapporter ici l’admirable mise en garde du sociologue Moscovici : « Les neurosciences ne vont-elles pas devenir un placebo social ? ».
En tous cas, face ç cette hégémonie scientiste, nait et se développe une psychopathologie des névroses. C’est en 1882 que Charcot présente une communication intitulée : « Sur le divers état nerveux déterminés par l’hypnotisation chez les hystériques ». Charcot devenait ainsi le maître incontesté et « lez plus grand neurologue de son temps » (5 ; 78). Deux ans plus tard, il publie un article sur « deux cas de monoplégie brachiale hystérique de cause traumatique chez l’homme ». Il y démontre ce que chacun sait désormais mais qu’il n’est pas inutile de rappeler : ces paralysie différaient sensiblement des paralysies organiques. Il les reproduisait identiquement  et, à contrario, les supprimait sous hypnose.
C’est en 1885 qu’un jeune neurologue, quelque peu timide, se joint au mouvement qui converge vers Paris. Quelque temps après, il écrit à sa fiancée : « Charcot … est tout simplement en train de ruiner toutes mes visées et toutes mes opinions » (17).
La promptitude avec laquelle il rendit hommage à Charcot au moment de sa mort, les termes dithyrambiques qu’il employa, nous firent mesurer l’impact qu’ont pu avoir sur Freud les « conférences du mardi » du « grand médecin » …. : « La jeune science neurologique a perdu bien trop tôt sont plus grand promoteur ; les neurologues de tous les pays leur maître, et la France, un de ses hommes les plus éminents » (8 ; 61).
L’hypnose est, en ces années 80, à l’ordre du jour. Dans chaque grande ville des hypnotiseurs développent leur art. Une école tout particulièrement prend de l’ampleur, au point d’apparaître comme rivale à « l’école de la Salpêtrière ; il ‘agit de l’école e Nancy » où professent principalement Bernheim et Liébault. La controverse fut vive, essentiellement sur ce point : il n’y a pas que les hystériques qui peuvent être hypnotisées mais tout être humain ; l’hypnose n’est pas une névrose, c’est un simple sommeil, produit par la suggestion et susceptible d’applications thérapeutiques » (32 ; 63).
Un homme se distingua dans la controverse surtout par son excessivité : Babinsky. C’est lui qui, sur le célèbre tableau de Brouillet, une leçon de clinique à la Salpêtrière, se trouve derrière Charcot. Disciple préféré du maître, il participa activement à la controverse ; c’est ainsi qu’il qualifia Nancy « d’université de village ».
Charcot mort, s’ensuivit « une violente réaction » (32 ; 63). Ses élèves le renièrent un à un, et Babinsky démembra le concept d’hystérie. Souhaitant mettre en place « une authentique neurologie » (36 ; 68). Babinsky reprend l’ensemble du concept et le subdivise. C’est ainsi que nait le pithiatisme qui désigne « l’état psychique qui se manifeste par des troubles guérissables par la persuasion et remplacerait avantageusement le mot hystérie » (2). Il finit, en 1906, par rendre hommage à l’école de Nancy en affirmant : » ces phénomènes (les stigmates) sont le produit … de la suggestion inconscient du médecin, ainsi du reste que cela a déjà été soutenu par le docteur Bernheim ».
Il est nécessaire de fixer ici un autre personnage qui, on le verra, prendra toute son importance pour notre thèse. Il s’agit de Déjérine qui n’a pas été élève de Charcot. Il participa en 1889, en compagnie Bernheim, Liébault, Forel et Janet, au comité d’organisation du « congrès international de l’hypnotisme ».Formé en Suisse, élève de Dubois, outre ses travaux en neurologie organique, il est un tenant de la « psychothérapie » morale que Dubois définissait ainsi : « L’essentiel du traitement consiste en une conversation intime et quotidienne qui vaut mieux pour le malade que les douches ou la chloral. Le vrai médecin fait plus de bien par sa parole que par ses ordonnances » (38 ; 738).
Une violente controverse se développa entre les tenant de la thérapie morale et les praticiens de la suggestion hypnotique.
Il reste à définir le contenu « des conversations intimes ». La fuite dans la maladie étant considérée comme une fuite devant les valeurs logiques, morales, esthétiques nécessaires à l’individu, il fallait donc les lui réinculquer : l’ordre, a discipline, la sanctification des liens familiaux, le culte du travail comme source de toute moralisation, le respect des hiérarchies, l’acceptation de la position assignée dans le système social » (39 ; 114).
Si j’ai mis entre guillemets « psychothérapie », c’est qu’aujourd’hui ce mot ne veut plus rien dire. Chacun connaît par exemple les institutions qui se prénomment « psychothérapiques » et qui sont les pires lieux d’enfermement. Chacun connaît des praticiens qi s’intitulent pompeusement psychothérapeutes, mais ne mettent en place rien d‘d’autre qu’une « psychothérapie de dépendances » (22 ; 326).
Devenir psychothérapeute est un travail long, difficile, exigeant, et dans le meilleur des cas une expérience douloureuse. En aucun cas, une formation universitaire, médicale, psychiatrique, psychologique, une acquisition de savoir donc, ne sauraient suffire « pour se nommer psychothérapeute ». D’ailleurs n’y a-t-il pas que le patient qui peut nous instaure à cette fonction ?
Observant la pratique de Déjérine, Janet nota magistralement qu’il ne fallait pas confondre psychologie de la morale et morale psychologique.
3 – Janet et le monde médical : 1910
C’est en 1870 qu’est confié à Charcot un service supplémentaire à la Salpêtrière, service réservé à des « femmes souffrant de convulsions » (5 ; 79). Dès lors, il s’attacha à une étude clinique permettant de distinguer « les convulsions hystériques des convulsions épileptiques ». Charcot s’intéressait vivement à la psychologie, tout en se reconnaissant quelques lacunes en ce domaine. C’est ainsi qu’il confia à Janet un laboratoire de psychologie après que celui-ci, s’étant aperçu qu’il ne pourrait continuer ses études psychopathologiques sans être médecin, décida de commencer ses études médicales (4 ans à l’époque). Ils furent nombreux, les philosophes et les psychologues, à avoir suivi ce chemin.
Didier Anzieu, dans une conversation avec Lagache où il lui faisait part de son désir de spécialisation en psychologie, l’interrogeant sur l’opportunité de faire sa médecine, se vit répondre : »Maintenant que la licence de psychologie existe passez-la et donnez-vous une formation psychanalytique : les études médicale ne seront plus nécessaires. La psychologie est en train d’acquérir sa spécificité » (1 ; 62). Ce moment fonde un tournent dans l’histoire de la clinique, en l’ouvrant à la laïcité.
Janet présenta donc sa thèse, « l’état mental des hystériques », qu’il publia, préfacée par Charcot. Trois semaines après cette présentation, Charcot meurt.
Parmi tous les textes rendant hommage au maître, ceux de Freud et d Janet nous paraissent particulièrement importants.
L’article de Freud est écrit, pour ainsi dire, sou le choc de la nouvelle. Celui de Janet, un an plus tard.
Freud note que «  par une démonstration sans faille, il (Charcot) parvient à prouver que ces paralysies étaient le résultat de représentations qui dominaient le cerveau dans des moments de disposition particulière …. C’est de ce moment de recherche clinique d’une incomparable beauté que partit son propre élève P. Janet, que partirent Breuer et d’autres…. » (8 ; 72). Freud qualifia Charcot de voyant. Cet admirable compliment qui consacre un esprit d’ouverture et de recherche n’est, bien sûr, pas du goût de tous. Le professeur Bernard, dans un livre récent, n’indiquait-il pas dans un  chapitre consacré à la tentation psychologique : « La médecine a déjà connu des périodes d’exaltation des mythes. Ainsi l’hystérie de Charcot. (3 ; 222).
C’est en tout cas par un retour à la clinique que Charcot atteint cet état. Il répliqua ainsi à ceux qui lui objectaient que ses innovations cliniques contredisaient la théorie en vogue : «  tant pis pour la théorie, les faits de la clinique ont la préséance » (_ ; 63).
L’article de Janet se subdivise en plusieurs chapitres : résumé des travaux scientifiques, la méthode, les aphasies, les types sensoriels et la psychologie pathologique.
Dans ce dernier chapitre, Janet note que Charcot avait pressenti « l’importance pratique des étude psychologiques et la nécessité de les développer, et de les faire pénétrer dans l’enseignement médical ». Un peu plus loin, il rappelle une phrase de Charcot prononcée à ses « Leçons du mardi » : « il faut bien que l’on sache, disait Charcot, que l’hystérie est une maladie psychique d’une façon absolue » (24).
Charcot est remplacé par Raymond, et Janet développe son travail en son laboratoire. En 1910 celui-ci meurt à son tour et il remplacé par Déjérine dont nous avons étudié précédemment les positions théoriques. Déjérine contraint Janet à quitter son laboratoire. Quel est le sens de cette mise à l’écart ?
Les auteurs que nous avons cités jusque-là sont peu prolixes. Pichot et Roudinesco n’y consacrent que quelques lignes et l’expliquent par ‘l’hostilité ». (Le rapprochement de ces personnes aux positions si différentes à quelque chose de surréaliste … Il marque notre étonnement de la vision éthique qu’ils ont de l’évènement).
Ellenberger tente d’aller un peu plus loin en indiquant que Babinski, ne retenant que les « aspects neurologiques » de l’enseignement de Charcot, se montrait très méfiant à l’égard de Janet qui perpétuait les « erreurs de Charcot » (5 ; 289). Prévost approche d’un peu plus près l’enjeu de cet évènement. Il note, en effet : « C’est la revanche des organicistes pour le corps et des moralisateurs pour l’âme » (33 ; 71).
Plus qu’une revanche, cet évènement consacre, à mon avis, la position hégémonique sur la clinique de l’approche neuro-bio-chimique et l’exclusion de la psychologie du champ de la science.
Désormais, si l’on fait appel à la psychologie, c’est toujours dans une perspective partielle d’examen complémentaire. Il est évident que les affects concernant les différents professionnels travaillant dans le champ sanitaire sont, au regard de ce qui précède, radicalement différents (il est facile par exemple d’intégrer des techniciens E.E.G….). Si les psychologues acceptaient la place de techniciens-testeurs au service de l’ordre anatomique, physique ou chimique » (15 ; 177) qu’on leur réserve bien souvent, il y a bien longtemps qu’ils auraient obtenus titres et statuts. (Chacun sait  que la reconnaissance des psychologues comme professionnels autonomes et responsables aura des effets historico-sociaux profonds). Ainsi donc, les multiples concessions faites par Janet aussi bien à l’organicisme qu’à l’héréditarisme n’ont servi à rien. Qu’est-ce qui peut faire croire à Janet « que la médecine se laissera pénétrer sans douleur par la psychologie ? (34 ; 14). Qu’est-ce qui s’exprime là de son désir ?
Si la voie qu’il a choisie n’est pas la bonne, est-ce à dire qu’il n’en existe pas d’autre ?
Cette mésaventure, Freud l’avait rencontrée quelques années plus auparavant. Le retour à vienne, son exposé de ce qu’il avait vu et entendu à paris furent particulièrement  mal acceptés. Il fut sommé de rechercher dans Vienne des cas semblables : «  c’est ce que j’essayais », affirme-t-il, «  mais les médecins des l es hôpitaux dans les services desquels je trouvais de pareils cas se refusèrent à me laisser les observer et  m’en occuper », puis bientôt « le laboratoire d’anatomie cérébral fut fermé » (12 ; 21). Plutôt que de faire quelques concessions, « Freud se retira de la vie académique et médicale » (13 ; 21). (Plus près de nous, chacun connaît l’excommunication de Lacan. Je renvoie à son texte ouvrant le séminaire XI).
Deux textes rapportés par Mortier montrent bien le phénomène à l’œuvre dans cette première décennie du XXème siècle, tendant à faire des médecins « les titulaires uniques du discours de la science » (31 ; 58).
Ladame n’écrit-il pas : « ne serait-ce pas fatal de voir la psychiatrie quitter le terrain solide de l’anatomie pathologique, pour se lancer dans le domaine si inconsistant de la psychologie qui menace d’enlever à la pathologie mentale sa seule base vraiment  médicale en l’entrainant dans des questions métaphysiques ? » (30).
Un autre auteur, Kostyleff, commentant le travail clinique de Freud (Dora) indique : « Freud n’est plus maître de sa méthode. Il semble emporté par elle, au-delà des limites de la science » (28).
Ainsi donc le décor, qui aujourd’hui encore est le nôtre, est désormais posé : la psychologie est refoulée (au sens le plus essentiel du terme : « mettre à l’écart et tenir à distance du conscient » (14 ; 47), hors du champ de la science – con- science- La psychanalyse dont Freud indiquait en 1933 « qu’elle était aussi psychologie » (16), est en premier lieu prise dans ce processus à l’œuvre. Que Janet puisse devenir l’un des porte-parole « des anti-psycho –analyste » s’associant ainsi à ceux qui l’exclurent de son laboratoire, c’est ce qui peut paraître incompréhensible au premier abord. Que ceux-ci se servent alors de Janet contre Freud manque pour le moins de pudeur. Qu’il s’y prête, alors qu’il avait parfaitement remarqué : « que la grande majorité des aliénistes n’aborde la dimension psychique de la maladie que pour en effectuer une réduction psychologique », ce n’est pas la moindre de ses contradictions.
Ceci nous introduit à l’étude du « congrès de Londres » dont nous pensons qu’il marque cette deuxième articulation, nommément l’effet de la psychanalyse sur la psychologie.

  1. 1913 ou l’articulation de la psychologie et de la psychanalyse.

1 – présentation
En 1913 se tient à Londres un congrès de médecine. La section de psychiatrie décide de mettre à l’ordre du jour de ses travaux la psychanalyse. Elle adresse simultanément une invitation à Freud et à Janet. Ce dernier accepte aussitôt ; Freud refuse et mandate Jung avec qui pourtant il est en conflit de plus en plus ouvert, et Janet pour le représenter. Déjà en 1907 il avait décliné l’invitation au congrès de psychiatrie, de psychologie et d’assistance aux aliénés qui se tenait à Amsterdam « parce qu’on avait en vue un duel entre Janet et moi, mais je hais les combats de gladiateurs devant la noble populace : j’ai peine à me résoudre à laisser une foule indifférente émettre un jugement sur mon expérience » (12). Jung, relatant à Freud le déroulement du congrès lui écrivit : « c’’est une bande épouvantable, puant la vanité, Janet tout le premier » (12).
Pendant cette période qui va des années 1890 au congrès, Freud reste attentif aux écrits de Janet, de plus en plus d’ailleurs pour s’en démarquer. Au contraire, on a la sensation que, pour Janet, ce qui se dit à Vienne n’est pas essentiel, ou vient confirmer et/ou s’intégrer dans l’analyse psychologique.
Pourtant, les textes écrit en 1893, année d’une extraordinaire production, posent les fondations de ce qui deviendra la psychanalyse. 1893, c’est la parution d’un texte original en français que Charcot accepte dans la revue qu’il dirige, bien qu’il produise, comme le note fort justement Roudinesco, un véritable renversement : »Pour la première fois, dans l’histoire de la clinique des maladies nerveuses, l’indépendance de l’hystérie, au regard de l’anatomie du système nerveux, est démontrée (36 ; 73).
Si au départ du texte il n’avance pas sans prudence (« la paralysie hystérique se rattache à la paralysie cérébrale … mais elle ne manque pas de s’en distinguer … »), la fin est au contraire sans ambigüité («  l’hystérie est indépendante de la distribution des nerfs »). Il ne manque pas de signaler que Charcot fut le premier à enseigner « qu’il  faut s’adresser à la psychologie pour l’explication de la névrose hystérique » (9 ; 58).
1893, c’est la parution de la « communication préliminaire » des études sur l’hystérie. C’est la sexualité, source de traumatismes psychiques et facteur motivant du rejet et du refoulement de certaines représentations hors du conscient qu’incombe dans a pathogénèse de l’hystérie un rôle prédominant ». Rechercher la « cause, l’incident, qui pour la première fois et souvent très lin dans le passé a provoqué le phénomène en question », c’est la méthode thérapeutique qui permet que disparaissent les symptômes. La maladie est déterminée par une « émotion » et non pas par une « blessure du corps » (10).
1893, c’est l’année où il fait sienne l’idée d’une « dissociation du conscient » (10 ; 8) qui deviendra un peu plus tard l’inconscient. Là encore, il rend à César ce qui lui appartient, en indiquant que « nous (Freud et Breuer) partageons avec Binet et les deux Janet cette opinion, mais sans disposer encore d’expériences relatives aux très surprenantes découvertes qu’ils ont faites chez des anesthésiques
En employant le mot partage, il se hisse au même niveau que Janet en reconnaissant cependant qu’il l’a précède. Janet ne reconnaîtra jamais cette autonomies et souhaiteras toujours intégrer la psycho-analyse comme partie de son œuvre. » (10 ; 8). Ces positions théoriques vaudront en tout cas quelque dix ans plus d’isolement qu’il supportera, soit difficilement, soir comme une preuve qu’il a découvert « les plus grandes vérités » (6 ; 143). Janet dont on a vu que l’objectif reste la « réconciliation de la médecine et de la psychologie » (21), pensait atteindre son but par quelques concessions. On sait ce qu’il advient de cette position. C’est directement autour de la concession à l’héréditarisme que Freud écrivit le dernier texte en français de cette période (7).
On y trouve des objections au rôle important « attribué par l »hérédité », tant par Charcot que par ses disciples. C’est à partir de son « expérience quotidienne » de médecin que Freud va démanteler cette cause, considérée jusque-là comme essentielle. Il faut ici noter que le reproche fait à l’époque (et depuis) d’être doctrinaire ne tient pas au regard de la méthode de travail de Freud. C’est, appuyé sur un examen laborieux des faits (7 ; 53), qu’il découvre peu à peu alors que ses collègues demeurent éblouis par « la grandiose perspective de la condition étiologique héréditaire » (7 ; 55), que les modifications pathologiques fonctionnelles « reconnaissant comme source commune la vie sexuelle de l’individu, soit le désordre de la vie sexuelle actuelle, soit l’évènement important de la vie passée » (7 ; 53).
Il peut, dès lors, affirmer que les idées qu’il expose ici «  ne s’accordent pas avec les théories psychologiques de la névrose de Janet » (7 ; 57). Les différences sont désormais nettement marquées, et la psycho-analyse va pouvoir devenir la psychanalyse.
2 – le congrès de Londres – le rapport de Janet
Plutôt que les détails des évènements  de ce congrès, ce sont les grandes lignes du texte de Janet que nous commenterons ici. Janet marque d’emblée ce qui l’oppose à la psycho-analyse : elle propose de se « substituer » aux anciennes études psychologiques et psychiatriques, et donc à l’analyse psychologique qui, comme nous l’avons vu, était déjà l’objet de résistances qui ne manqueront de s’exercer contre la psychanalyse.
Ce texte (25) se divise en trois parties et une conclusion. Ces trois parties sont ; les souvenirs traumatiques relatifs à la sexualité. C’est sur une question de ce dernier chapitre que Janet cherchera à se démarquer de la façon suivante : « l’école de Monsieur Freud affirma que dans tous les cas de nécroses, ces troubles sexuels et ces souvenirs ne sont pas une des causes de la maladie, mais sont la cause essentielle et unique de la maladie ». Pour lui, les troubles sexuels ne se retrouvent que dans « les trois quarts des cas », et cette cause existe parmi d’autres. « Ces idées fixes », de nature très différente, peuvent être la mort de la mère, la mort d’un enfant, d’une accusation de vol. (Ceux qui ont mené assez loin quelques psychothérapies savent qu’au-delà, c’est bien d’une problématique sexuelle qu’il s’agit : on pourrait alors s’interroger pourquoi sur ces cas Janet s’arrête là. Puisque ces incidents constituent le quart restant, on perçoit bien que les réserves de Janet ne tiennent pas).
Cela l’amène à affirmer « qu’il n’a pas interprété les dires des malades dans le sens d’un dogme arrêté par avance ». Mais qui, dans cette histoire, est le plus dogmatique ? Celui qui fait référence sans discussion à une causalité héréditariste ou celui qui, patiemment, à partir de sa pratique et du travail clinique, élabore peu à peu une théorie qui lui sert d’outil pour approfondir en retour la pratique qui, elle-même, affine cet outil théorique ? Le cheminement de Freud est à cet égard exemplaire. Ceci faisait dire d’ailleurs à Lacan qu’à lire les textes de Freud on ne pouvait qu’être ému par cette « recherche en action » (29 ; 404).
Freud, comme nous l’avons vu précédemment, n’avait pas manqué de 1896 d’interpeller les « disciples de Charcot » sur le rôle attribué à l’hérédité dans l’étiologie des névroses, sans qu’un « examen impartial statistique » ne soit effectué (7 ; 48). Ce rôle est accepté véritablement comme un dogme, comme une « petitio principii ». Sans dette étude, les « névropathies acquises » sont donc aussi possibles que les « névropathies héréditaires ».
Cet acquis est directement lié à la  « vie sexuelle du sujet », et il remarquable que sur cette question sur ils se démarquent simultanément l’un de l ‘autre.
Après avoir consacré une large part de sa conclusion à la sexualité, il affirme enfin : « la psycho-analyse est avant tout une philosophie » et ce n’est pas sous cette forme « que la psychologie doit être présentée aux médecins » (Janet oublie là que  sa forme de présentation ne convenait pas non plus …). Il note que la psycho-analyse s’écarte désormais des « autres travaux scientifiques », mais il oublie, là encore, que c’est le jugement qui fut porté sur son analyse psychologique.

  1. Conclusion

Comme nous avons souhaité le démontrer, cette étude nous ouvre à une double articulation : articulation de la psychologie avec le monde médical, articulation de la psychologie avec la psychanalyse. Nous avons vu comme la psychologie fut refoulée du champ de la science, ce qui disqualifiait du même coup son opérationnalité et sa méthodologie. Pour s’en convaincre, chacun peut lire les appels d’offres des principaux organismes de recherche. Les offres ne concernait que les méthodologies neuro-bio-chimiques. Comme le note fort justement Gagey, « dans les tensions constitutives de l’existence scientifique, les physico-mathématiciens jouissent d’un avantage certain : ils forment la classe dominante, disposent donc du pouvoir, et, selon la règle, font passer pour vrai ce qui est leur acceptation de la science » (20).
Mais la psychologie participa des résistances à la psychanalyse. Dans sa lettre à magnes précédemment citée, où Freud affirmait que la psychanalyse était aussi psychologie, il notait que la psychanalyse « est science des processus émotionnels inconscients, tandis que ce qui est enseigné comme psychologie académique se limite à ne considérer que des phénomènes conscients ».
L’effet de la psychanalyse sur/dans la psychologie fonde-t-elle une nouvelle branche de la psychologie ? Quelle peut être la spécificité de sa méthode ? Quels peuvent en être les effets sociaux et historiques ? Ce sont là quelques questions dont nous déplierons l’argumentation u peu plus tard.
En tout cas, comme nous avons pu le constater, les relations entre Freud et Janet, la psycho-analyse et l’analyse psychologique sont beaucoup plus complexes que nous l’imaginions au départ ou qu’on nous le laissait entendre. (Les psychologues ont certaine ment à reprendre l’ensemble des questions auxquelles ils sont confrontés). Comme y invite fort justement Pontalis, « lisons Janet et tout ce qui le rapproche, plus qu’on ne le croit, de Freud » (35 ; 100). Lacan n’avait pas attendu cette invitation pour lire les observations cliniques de Janet dont li s’accorde à reconnaître la finesse et l’intuition : « Janet qui a montré si admirablement  la signification des sentiments de persécution comme moments phénoménologiques des conduites sociales …. » (29 ; 111). (…. n’a pas approfondi : c’est ainsi que se produit cette phrase : nous y reviendrons un peu plus tard). Janet, donc, est au centre d’une double articulation, et peut-être même de l’ensemble des questions qui traversent le champ de la clinique et des pratiques qui s’y développent.
Si nous avons vu que  la récupération médicale de Janet est pour le moins surprenante, nous souhaiterions attirer l’attention sur une seconde récupération qui nous semble tout à fait usurpatoire : il s’agit de l’annexion expérimentalo-technicienne. Comme le note Prévost, les tests furent toujours, pour Janet, une « bête noire » (33 ; 34). Ils aboutissent à un chiffre qui demeure attaché à l’individu toute sa vie. Nous pensons, pour notre part, qu’une série d’entretiens approfondis nous apporte(nt) ? Autant ou beaucoup plus d’informations que n’importe quel test. Qu’entendre ? Qu’est-ce qu’écouter ? Comment former cette oreille ? Bien que ces questions soient ardues, il n’est pas impossible d’y répondre.
En tout cas, parlant dans son rapport de Londres du test de la série de mots de Jung, il indique : « Ce procédé ressemble à beaucoup d’autres procédés de laboratoire auxquels je regrette d’avoir consacré autrefois trop de temps et qui, au moins actuellement ne peuvent guère rendre service à la clinique que dans des cas très spéciaux. Ces procédés ne peuvent servir aujourd’hui qu’à exprimer avec une apparence de précision scientifique des résultats auxquels on était déjà parvenu par la simple observation clinique » (26 ; 34).
Cette affirmation se retrouve quelques soixante ans plus tard, en une interrogation judicieuse de Juliette Favez-Boutonnier : … on se demandera, en étudiant la personnalité avec des méthodes expérimentales, si on fait de la psychologie clinique ou non «  (19).
S’il existe une attitude qui rapproche profondément Freud et Janet et qui constitue certainement les bases de cette méthode clinique à venir, c’est bien cette « observation clinique », qui, pour ma part, je nommerai écoute clinique. Existe-t-il pour autant un janetisme ? Existe-t-il chez Janet quelque chose qu’on pourrait opposer à Freud ? En cette fin de travail, j’ai plutôt la conviction que Janet s’est arrêté en chemin. Ceci n’avait échappé ni à Freud (« Janet est une fine intelligence mais il est passé à côté de la sexualité et, à présent, il ne peut plus aller de l’avant. Nous savons que dans ce domaine de la science, il n’y a pas de retour en arrière » - 12), ni à Lacan (« il n’a pas approfondi »). Cela n’empêche pas cependant d’affirmer que son œuvre constitue un moment, et non des moindres, de la constitution de cet outil scientifique nécessaire à une redécouverte clinique qui désormais paraît inéluctable.

BIBLIOGRAPHIE
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